11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 15:11

En attendant, lorsque je sors du café, la pluie a relâché son étreinte sur le jour. Le chemin poursuit sa traversée de forêts, de prés et de landes, bordé ici et là de murets de pierres couverts de mousse. Je ne me lasse pas de ces paysages. Rien de grandiose, rien de majestueux, rien de spectaculaire. Tout dans l'intimité des arbres et des chemins ancestraux. Avec, toujours, ce sentiment de solitude heureuse qui fit de moi le plus comblé des hommes !

 

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Soudain, au détour d'une petite route, à l'entrée du village de Chatelus, une vallée massacrée : arbres abattus, traces de camions et de bulldozers, boue et désolation. A l'office du tourisme, une dame charmante à qui je demande s'il elle connait un hébergement pèlerin dans les environs – elle n'en connait pas ! - m'explique : la municipalité est en train de réhabiliter la vallée pour en faire un parc naturel et thématique à l'intention des touristes de passage. En attendant, c'est une image de Bérézina que je garde en mémoire.

 

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Mauvaise pioche ! Le détour pentu en direction de l'église me mène vers une porte close. Tant pis, je prend une bonne pause avant de repartir pour l'étape du soir.

 

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Passage symbolique du département de la Haute-Vienne à celui de la Creuse : bienvenue dans la France profonde ! Le chemin suit une petite route départementale sur laquelle je ne croiserai pas une seule voiture. Le hameau suivant est fait de fermettes dans un état de délabrement avancé. Elles sont pourtant toujours habitées. J'ai l'impression d'être entré dans un autre pays, un autre monde. Un ancien moulin blotti au fond d'une vallée me fait de l’œil. Habiter ici, dans l'isolement et la solitude, rêve ou cauchemar ? Pour moi qui ne fait que passer, il s'agit bien sûr d'un simple fantasme. Pourtant, ce genre de lieu m'a toujours attiré. Un jour ?

 

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Au moment où le chemin remonte vers la route qui mène aux Billanges, j'aperçois ma pèlerine de tout à l'heure. Elle a manifestement poursuivi par la départementale au lieu de bifurquer par le chemin plus bucolique indiqué sur la carte. Je la rattrape avant le village et nous devisons tranquillement. Alors que je lui fais part de mon intention de ne pas prendre le souper ce soir pour économiser un peu, ces nuits en hébergement coûtent plus cher qu'il n'y paraît, elle se propose de m'offrir le repas ! J'accepte, un peu gêné, car je ne suis pas vraiment à court d'argent. C'est plus une question de principe. Le lendemain, je découvrirai qu'elle a payé non seulement le souper mais encore l'hébergement complet ! La générosité suisse !

 

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Arrivée à l'étape du jour. Notre hôte, une charmante céramiste un peu bohème, nous montre la maison où nous dormirons. Mais pour le repas, c'est à son domicile, une jolie petite fermette, que nous nous rendrons. Ce repas, comme notre conversation, est excellent ! Nous échangeons sur nos vies respectives, nos recherches, nos attentes. La pèlerine suisse, dont je suis le débiteur, a un petit côté pressé qui ne cadre pas tout à fait avec le tempérament artiste de notre hôte-céramiste. C'est comme si elle voulait toujours devancer la prochaine question, la prochaine remarque, la prochaine interrogation. Je me demande si elle ne préfère pas occuper le terrain de la parole pour ne pas devoir répondre ou partager des choses plus personnelles, plus difficiles... Une intuition que je ne pourrai pas confirmer. Elle reprend demain le train pour sa Suisse natale à Saint-Léonard de Noblat. Malgré tout, notre soirée est très réussie et c'est heureux de cette longue journée que je me couche dans un grand lit, un peu trop large pour moi !

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